Ne… pas : une question de registre de langue

En français écrit, la phrase négative est habituellement construite à l’aide d’un marqueur de négation comportant deux mots, par exemple : ne… pas, ne… plus, ne… jamais. À l’écrit, donc, on encourage les scripteurs à utiliser ces deux mots, comme dans la phrase : « Il ne faut pas le faire. » C’est que l’écrit relève du registre soigné et, selon ce registre, la négation fait appel à deux éléments pour la renforcer.

Par contre, à l’oral, le « ne » est souvent supprimé. Même à la radio de Radio-Canada, on entend souvent les animateurs omettre le « ne », comme dans la phrase : « Faut pas le faire » et tout le monde comprend le message! Cela arrive, car le français parlé relève habituellement du registre familier, qui est beaucoup plus permissif que le registre soigné.

Il est intéressant de savoir que jadis, en ancien français, la négation se marquait couramment par un seul élément de négation. Ce n’est que plus tard, dans l’histoire du français, que le deuxième élément de la négation s’est rajouté. Comme quoi rien n’est immuable. La langue évolue aussi!