Article rédigé par Sylvie Plante, enseignante de français et coresponsable du dossier de la valorisation

Danse
Référence

Je lance souvent en boutade à mes étudiants que le français est du mauvais latin… mais ce que je ne leur dis pas toujours, c’est que ce n’est pas une blague! En réalité, je ne vous apprendrai rien en rapportant le fait que la langue de Jules César s’est transformée pendant des centaines d’années pour aboutir un jour au français d’aujourd’hui.

Par exemple, le tableau ci-dessous témoigne éloquemment de la fascinante évolution du verbe être à partir du latin jusqu’au français que nous parlons.

Tablea Être

Aussi, pour faire sourire mes étudiants, il n’est pas rare que je leur raconte des faits linguistiques sur la langue française en prenant bien soin de mentionner que ce que je m’apprête à leur dévoiler pourrait les aider un jour, sur la piste de danse, à se démarquer de leurs concurrents…

Par exemple, en latin, la lettre «u» pouvait se prononcer tantôt comme un «u» tantôt un comme un «v» de sorte que cela nuisait à la lisibilité. En effet, essayez de prononcer alternativement les mots suivants avec un «u» ou avec un «v» : uile, uis et uit et vous verrez…

U V Latin
Le «u» et le «v» latin

Puisque l’ancien français a hérité de cette situation, les copistes, devant ce problème, ont décidé de rajouter la lettre « en première position pour indiquer que c’est «u» qui devait être lu, donnant ainsi naissance aux orthographes huile, huis (huis clos) et huit. Sans « à l’initiale, c’était la lecture de la lettre «v»  qui l’emportait : vile (ville), vis (clou) et vit (voir au passé simple).

Alors, on danse?

Références consultées pour rédiger cet article :

Brunot, F. et Bruneau, C. Précis de grammaire historique de la langue française, éditions Masson et cie, Paris, 1969, 589 pages.

WALTER, Henriette. Le français dans tous les sens, éditions Robert Laffont, Paris, coll. «Livre de poche», 1988, 481 pages.