Article rédigé par Sylvie Plante, enseignante de français et coresponsable du dossier de la valorisation

Einstein Curiosité
Einstein était un homme curieux.

La langue française regorge de drôleries qui sont fascinantes à découvrir et géniales à révéler lors de souper entre amis!

En effet, l’histoire de l’orthographe est riche en anecdotes. Qui n’a pas eu à apprendre par cœur au primaire la ritournelle suivante : «Bijou, caillou, chou, genou, hibou et pou prennent un x au pluriel»? Il est passionnant de découvrir que le pluriel en x est une invention du Moyen Âge! En effet, les scribes médiévaux, par économie, notaient sur le parchemin la suite us par un x, comme dans chevaus (le pluriel médiéval de cheval), Deus (le pluriel de Dieux) et cheveus, qu’on écrit aujourd’hui cheveux.

La lettre z en finale relève du même phénomène à la différence que la dernière lettre de l’alphabet transcrivait le son /ts/. Ainsi, le z a longtemps fait partie de l’orthographe des mots comme amitiez, partiz, chantez, assez, chez et nez. «Quand le /ts/ [cesse] de se prononcer, note Michèle Perret, le z n’est conservé que dans les mots où il n’est pas la marque du pluriel (assez, chez et nez) et dans la conjugaison, pour les secondes personnes du pluriel.»

L’histoire des mots à travers les siècles foisonne aussi de cas palpitants. Saviez-vous que

  • tromper signifiait anciennement «jouer de la trompe»;
  • venin désignait à l’origine tout poison et non pas que «celui sécrété par les animaux»;
  • divorce s’appliquait à toute séparation bien qu’aujourd’hui elle ne soit que conjugale;
  • labourer désignait «travailler» en général et ne référait pas seulement au travail de la terre?

Terminons enfin sur une touche légère qui vous fera sourire et… briller dans les grandes occasions. Retenez bien les trois anecdotes suivantes et vous serez tout-puissant. Le pissenlit, cette fleur jaune, ennemie des jardiniers, était utilisée jadis pour ses propriétés diurétiques. Ce mot a littéralement été formé de pisse, de en et de lit, car, naturellement, c’était le résultat auquel on s’attendait!

Étymologiquement, le secrétaire (le bureau dans lequel on classe des documents) et la secrétaire (une personne qui est responsable d’un bureau) étaient censés être garants de la confidentialité : ils taisaient les secrets (d’où la contraction de secret et de taire).

Enfin, le mot solite a té inventé en 1944 par l’illustre poète Jacques Prévert qui, dans un poème, l’utilisait pour désigner l’antonyme d’insolite. Malheureusement, aucun dictionnaire n’a retenu sa création…

Prévert
Prévert était juste un curieux personnage. 

Références consultées pour rédiger cet article :

Pour la partie sur l’histoire de l’orthographe :

PERRET, Michèle. Introduction à l’histoire de la langue française, SEDES, coll. «Campus Linguistique», 1998, 191 pages.

Pour la partie sur l’histoire des mots :

RINFRET, Julie, chargée de cours, UQAM (LIN-2617), 2016.

Pour la partie «touche légère» :

ST-PIERRE, GAÉTAN. Histoires de mots solites et insolites, Septentrion, Québec, 2011, 320 pages.

Les autres habituels, mais non moins nécessaires :

Antidote HD

Petit Robert en ligne

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