Source

Article rédigé par Sylvie Plante, professeure au département de français et coresponsable du dossier de la valorisation

Nous avons l’habitude de nous adresser aux patients à la troisième personne, nous disons : « On a faim? » « On a envie de pipi? » ou alors « On n’a plus froid? » J’ai souvent pensé que ce « on », contrairement à ce que l’on m’a appris à l’école, n’exclut pas la personne qui parle, mais bien celle à qui l’on s’adresse.

« Pour qui elle se prend », Onze petites trahisons, Agnès Gruda

Le pronom « on » exclut-il la personne qui parle? On verra bien. En fait, pour bien répondre à la question, il s’agira de commencer par un peu d’étymologie. Saviez-vous que le pronom « on » à l’origine provient du latin homo, « homme » ? En effet, de sa graphie « om » (au IXe siècle), il est passé à « hum », ensuite à « home » pour aboutir à son orthographe actuelle. Il désignait donc au départ tout homme en général.

Ainsi, à la question : « Le pronom « on » exclut-il la personne qui parle? » la réponse est « des fois ». Cela dépend du sens que l’on donne au pronom. Lorsque « on » ne désigne personne en particulier, mais plutôt tout le monde en général, il est un pronom indéfini. Dans ce cas, il exclut la personne qui parle.

Exemples de « on » pronom indéfini :

Quand on veut, on peut. (Usito)

On dirait qu’il va faire beau. (Usito)

On dit que le tigre est un très bel animal, mais on ne conna[i]t pas l’avis des autres animaux (D. Laferrière) (Usito)

À noter! Lorsque le « on » est un pronom indéfini, il est considéré grammaticalement comme étant à la troisième personne du singulier, donc le verbe restera au singulier également : « On n’est jamais mieux servi que par soi-même. » (OQLF)

Par contre, lorsque le « on » est un pronom personnel, il inclut la personne qui parle. Dans ces cas, il peut être remplacé par nous et vous.

Exemples de « on » pronom personnel :

L’enfant prit la main de sa mère. – On s’en va, viens », Marguerite Duras (Le Petit Robert)

 « Il faut prendre des mesures immédiates. – Nous, on veut bien », Jean-Paul Sartre (Le Petit Robert)

 Dans le chapitre suivant, on aura l’occasion de démontrer cette théorie. (Usito)

Qu’est-ce qu’on fait maintenant? (Usito)

On ne s’est pas vus depuis un an. (Usito)

À noter! Lorsque les personnes dans la phrase sont clairement identifiées et que l’on peut remplacer le « on » par nous ou vous, il est un pronom personnel. « Dans ces emplois, nous apprend l’OQLF, le participe passé ou l’adjectif qui s’y rapporte prend le genre et le nombre du sujet représenté par on. »

– Alors, on est satisfaite? (On équivaut à tu.) (OQLF)

– Alors, mesdames, on est entrées sans permission? (On équivaut à vous.) (OQLF)

– Mon ami et moi, on s’est disputés à ce sujet. (On équivaut à un nous masculin.) (OQLF)

Voilà donc une autre légende urbaine linguistique descendue en flammes! On se couchera tous plus intelligents!

En panne? Une question vous turlupine? N’hésitez pas à faire appel au Service de référence linguistique du Collège Lionel-Groulx!

À l’AGENDA!

La première rencontre du club de lecture «Tout Lionel» aura lieu le mardi 21 février à compter de midi au salon du personnel. Le thème sera la bande dessinée et les romans graphiques. Cette activité est réservée au personnel du CLG. Besoin d’inspiration? Liste de BD ici.

Le mercredi 22 mars se fera la Dictée CLG, ouverte à toute la communauté collégiale. Réservez votre date et de plus amples informations suivront!

Je tiens à remercier Viviane Catineau qui m’a donné l’idée de ce billet!

Références consultées pour la rédaction de ce texte: 

 Antidote. Ce merveilleux logiciel est installé sur tous les postes informatiques au collège!

CHRATRAMD, Suzanne-G., Grammaire pédagogique du français d’aujourd’hui, Graficor, Boucherville, 1999, 389 pages.

GRUDA, Agnès. Onze petites trahisons, Éditions du Boréale, Montréal, 2010, 288 pages.

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « Qui est ce on? » (La capsule), 2012, https://www.oqlf.gouv.qc.ca/actualites/capsules_hebdo/linguistique_on.html (Consulté le 20 janvier 2017).

OFFICE QUÉBÉCOIS DE LA LANGUE FRANÇAISE. « On », 2012, http://bdl.oqlf.gouv.qc.ca/bdl/gabarit_bdl.asp?t1=1&id=1708, (Consulté le 23 janvier 2017).

PETIT ROBERT, LE (en ligne). 2016, consultation gratuite ici : www.clg.qc.ca → Bibliothèque → « Outils de recherche » → Petit Robert, (Consulté le 20 janvier 2017).

PUBLICATIONS QUÉBEC.  « Le français au bureau », 2016, (Consulté le 13 janvier 2017).

PROJET VOLATIRE, LE. 2015, « Quatre questions que vous vous posez sur le pronom « on » https://www.projet-voltaire.fr/culture-generale/etymologie-forme-sens-accord-du-pronom-on/ (Consulté le 20 janvier 2017).

Usito (2013), dictionnaire général de la langue française sous la direction d’Hélène Cajolet-Laganière, de Pierre Martel et de Chantal-Édith Masson, et avec le concours de Louis Mercier [site Web]. Les Éditions Delisme. Il faut être abonné pour avoir accès à l’intégralité. (Consulté le 20 janvier 2017).