Article rédigé par Sylvie Plante, professeure au département de français et coresponsable du dossier de la valorisation

Le texte ci-dessous tente de répondre à une question qui a été posée au service de référence linguistique (SRL) par Marie-Élisabeth Sicard, professeure au département de physique.

Marie-Élisabeth Sicard a écrit :

Dans un rapport de laboratoire, des étudiants m’ont écrit: « Il était sujet de confirmer l’équation des lentilles minces. » Mon cerveau oscille à chaque trente secondes entre trouver ça vraiment laid et trouver ça tout à fait acceptable et je ne comprends pas pourquoi. Ce n’est pas très loin de la formulation « Il était sujet des lentilles minces » avec laquelle je n’ai aucun problème, mais le verbe à l’infinitif m’achale beaucoup et j’aimerais avoir ton avis.
Merci!

Réponse du SRL:

Très bonne question! Merci de la poser. Alors ton cerveau oscille, et tu n’es plus certaine. C’est normal, parce que l’expression est partiellement bonne et partiellement fausse! En fait, tes étudiants en ont amalgamé deux, ce qui te fait hésiter. D’ailleurs, tu dis que c’est laid. C’est un bon signe : il faut toujours se fier à son intuition et faire des recherches ensuite!

On ne peut pas dire Il était sujet de confirmer l’équation des lentilles minces si, en réalité, ce que l’on veut dire, c’est Il était question de confirmer l’équation des lentilles minces ou Il a été question de confirmer l’équation des lentilles minces. Si je comprends bien, la consigne du travail exigeait que les étudiants confirment l’équation des lentilles minces. Ainsi, on peut dire il est sujet de, mais pas dans le sens que l’emploient tes étudiants.  D’abord, je me suis fiée à mon intuition, qui m’a dit « non », ensuite Antidote, l’OQLF, le Petit Robert, le Bureau de la traduction et Usito ont emboité le pas.

Dans tous les exemples ou les citations des références que j’ai consultés, aucun ne répertorie l’utilisation du «il» neutre avec le mot «sujet» relié par le verbe être pour former l’expression qui signifie «question de». Si cette expression se disait, je l’aurais trouvée quelque part dans la littérature. On trouve Il est sujet à modification, mais ce n’est pas de cette façon que tes étudiants veulent l’employer. Par contre, l’expression Il est question de se trouve partout. Voir références (soporifiques) ci-dessous pour aller plus loin.

 À l’AGENDA!

Le mercredi 22 mars se fera la Dictée CLG, ouverte à toute la communauté collégiale.

Que Mark Quevillon soit remercié avec grand enthousiasme pour l’affiche de la Dictée CLG qu’il a conçue avec brio. En outre, les responsables de la valorisation du français tiennent à souligner l’excellent travail collaboratif de Karine Bonneville qui, par son professionnalisme, a rendu le tout possible.

Les responsables de la valorisation du français remercient la compagnie Druide pour les produits qu’elle nous a offerts pour la dictée.

En panne? Une question vous chicote? N’hésitez pas à faire appel au Service de référence linguistique du Collège Lionel-Groulx!

Références consultées pour « Il était sujet de confirmer »:

BUREAU DE LA TRADUCTION, http://www.btb.termiumplus.gc.ca/tpv2guides/guides/clefsfp/index-fra.html?lang=fra&lettr=indx_catlog_s&page=95MXtO9mxNIM.html, (Consulté le 3 mars 2017).

PETIT ROBERT, LE (en ligne). 2016, consultation gratuite ici : www.clg.qc.ca → Bibliothèque → « Outils de recherche » → Petit Robert, (Consulté le 3 mars 2017).

Usito (en ligne). 2013, dictionnaire général de la langue française sous la direction d’Hélène Cajolet-Laganière, de Pierre Martel et de Chantal-Édith Masson, et avec le concours de Louis Mercier [site Web]. Les Éditions Delisme. Il faut être abonné pour avoir accès à l’intégralité. (Consulté le 3 mars 2017).

Références consultées pour « Il est question de »:

Antidote. Ce splendide logiciel est installé sur tous les postes informatiques au collège!

PETIT ROBERT, LE (en ligne). 2016, consultation gratuite ici : www.clg.qc.ca → Bibliothèque → « Outils de recherche » → Petit Robert, (Consulté le 3 mars 2017).

Usito (en ligne). 2013, dictionnaire général de la langue française sous la direction d’Hélène Cajolet-Laganière, de Pierre Martel et de Chantal-Édith Masson, et avec le concours de Louis Mercier [site Web]. Les Éditions Delisme. Il faut être abonné pour avoir accès à l’intégralité. (Consulté le 3 mars 2017).