Tout au long du mois de septembre, nous vous présenterons les romans retenus par les participants en vue de la toute première édition du Combat des livres.  Celle-ci aura lieu le mercredi 4 octobre prochain au local D-107, dès 12h30.

En quelques lignes, le Combat des livres, c’est :

  • Cinq romans québécois parus depuis 2002.
  • Cinq éloquents professeurs de français du collège Lionel-Groulx.
  • Chacun est convaincu que le roman qu’il défend mérite de remporter cette édition du Combat des livres.
  • Un seul aura finalement raison. Lequel? Qui saura être le plus convaincant?
  • Un passionnant jeu d’alliances, de rivalités et de stratégies.
  • Quel roman triomphera au terme de ces débats enlevants?

Aujourd’hui, nous vous présentons Le Plongeur de Stéphane Larue, publié aux éditions du Quartanier à l’automne 2016.

Stéphane Larue

« L’alcool m’assommait de plus en plus. Pendant une seconde j’ai oublié où j’étais. Tout s’est tamisé. Les ampoules au-dessus du bar et contre le mur ont perdu de leur éclat. Leur lumière est passée du jaune à l’ambré à l’ocre à l’agate. Les télévisions ne diffusaient plus que de la neige. L’air s’est alourdi. La fumée de clope saturait la place. Une barmaid a annoncé le last call, debout sur le comptoir. J’ai relevé la tête. Je me suis demandé si je ne m’étais pas endormi. »  Extrait du roman Le Plongeur, de Stéphane Larue.

Nous sommes à Montréal au début de l’hiver 2002. Le narrateur n’a pas vingt ans. Il aime Lovecraft, le métal, les comic books et la science-fiction. Étudiant en graphisme, il dessine depuis toujours et veut devenir bédéiste et illustrateur. Mais depuis des mois, il évite ses amis, ment, s’endette, aspiré dans une spirale qui menace d’engouffrer sa vie entière : c’est un joueur. Il joue aux loteries vidéo et tout son argent y passe. Il se retrouve à bout de ressources, isolé, sans appartement. C’est à ce moment qu’il devient plongeur au restaurant La Trattoria, où il se liera d’amitié avec Bébert, un cuisinier expérimenté, ogre infatigable au bagou de rappeur, encore jeune mais déjà usé par l’alcool et le speed. Pendant un mois et demi, ils enchaîneront ensemble les shifts de soir et les doubles, et Bébert tiendra auprès du plongeur le rôle de mentor malgré lui et de flamboyant Virgile de la nuit. On découvre ainsi le train survolté d’un restaurant à l’approche des fêtes et sa galerie mouvante de personnages : propriétaire, chef, sous-chefs, cuisiniers, serveurs, barmaids et busboys. Si certains d’entre eux semblent plus grands que nature, tous sont dépeints au plus près des usages du métier, avec une rare justesse. C’est en leur compagnie que le plongeur tente de juguler son obsession pour les machines de vidéopoker, traversant les cercles d’une saison chaotique rythmée par les rushs, les luttes de pouvoir et les décisions néfastes.   (Source : maison d’éditions Le Quartanier)

Ce que la presse en a dit :

« C’est dans cet univers cru et sans joie — mais pas sans beauté noire — que le lecteur avance sur les pas du protagoniste, à l’aveugle, le motton dans la gorge. Poignant et magnifique. »  Source, le journal Le Devoir.

Avec Le Plongeur, son tout premier roman, Stéphane Larue s’est mérité le Prix des Libraires en mai dernier.

François Théorêt. Crédit photo : archives personnelles.

Ce roman sera défendu par le professeur de français, François Théorêt, pour qui la lecture du Plongeur s’est avérée une véritable révélation littéraire.  Si, avant d’en entamer la lecture, la thématique du jeu compulsif ne le rejoignait pas vraiment, il a vite fini par adhérer à cette proposition qu’il juge maîtrisée d’un bout à l’autre. Commencée tard le soir, à peu près vers minuit, sa lecture des premières pages du Plongeur s’est ainsi prolongée jusque vers trois ou quatre heures du matin. « Je n’étais tout simplement plus capable de m’arrêter », a-t-il confié, encore étonné de l’effet qu’a eu le roman sur lui.  Manifestement, à l’instar du personnage du roman, François Théorêt s’est senti happé, comme emporté par une spirale enivrante à la lecture du texte.