Mercredi dernier, le 4 octobre, s’est déroulée sur l’heure du dîner la toute première édition du Combat des livres.  On peut dire que les cinq participants (Marilyn Brault, Sandrina Joseph, Nicolas Simard, François Théoret et Claudine Vachon) étaient en verve.  Les débats autour des cinq romans en compétition étaient enflammés et ils ont permis au public présent (trente-cinq personnes au total) de constater la qualité des forces en présence et la richesse des discussions.

En grande forme et très bien préparés, les cinq professeurs de français ont présenté dans un premier tour de table les principales raisons pour lesquelles ils considéraient que leur sélection avait d’excellentes chances de l’emporter, après avoir lu un bref extrait de leur livre.  Par la suite, ils ont été invités à se prononcer sur une oeuvre qui les avait impressionnés particulièrement (autre que la leur, bien entendu), ce qui a permis de confirmer la qualité des textes en compétition : sans s’être consultés au préalable, ils ont tous identifié une oeuvre différente, aucune n’étant pour ainsi dire laissée pour compte.

Le débat s’est véritablement emballé quand l’animateur (Simon Roy) a demandé aux concurrents de s’attaquer à une oeuvre qui avait semblé aux yeux de chacun un peu plus faible pour diverses raisons.  Les échanges ont alors été musclés, donnant lieu notamment à des oppositions franches et directes entre François Théoret (Le Plongeur) et Marilyn Brault (La Gloire de Cassiodore) ou encore entre Nicolas Simard (Dée) et Sandrina Joseph (Folle).  Chacun s’est défendu bec et ongles contre les attaques soutenues de leurs adversaires.  La première ronde s’est conclue avec un premier vote éliminatoire.  À son grand désarroi, Marilyn Brault a vu son roman être évincé rapidement de la compétition.  Bien qu’on ait sentie l’enseignante ébranlée sur le coup, l’exclusion de son roman aura donné l’occasion à la nouvelle « orpheline » de se rallier au texte défendu par Sandrina Joseph.

Les concurrents ont poursuivi les débats en répondant au choix à l’une des questions suivantes : quel personnage (parmi les quatre romans survivants) leur était apparu le mieux construit, le plus crédible?  ou alors quelle oeuvre faisait la démonstration des plus belles qualités d’écriture, laquelle les avait le plus impressionné sur le plan du style?  Au terme des discussions sur ces thématiques, les participants ont exclu à la majorité le roman écrit par Stéphane Larue, Le Plongeur.  Ayant perdu son « poulain », François Théoret devenait par le fait même un électron libre redoutable…

Après s’être prononcés sur le roman qui était le plus stimulant quant à la richesse des idées développées (sans pour autant verser dans le roman dit à thèse), on est en venus à sortir de la compétition le roman de Nelly Arcan que défendait jusque-là brillamment Sandrina Joseph.  Folle ne se classerait donc pas pour la finale…

Allaient donc s’affronter dans un duel en grande finale Dée de Michael Delisle (Nicolas Simard) et À la recherche de New Babylon de Dominique Scali (Claudine Vachon).  Les deux adversaires disposaient alors chacun de soixante secondes bien chronométrées pour faire valoir une dernière fois aux trois « orphelins » et au public présent à l’événement les qualités de leur sélection ou encore les carences du livre qui lui était opposé.  C’est par une marque de quatre voix contre une seule que le roman défendu par Nicolas Simard a triomphé, faisant du coup de Dée de Michael Delisle le premier lauréat du Combat des livres, version collège Lionel-Groulx.

Cette activité a été organisée dans le cadre du projet de la Valorisation de la langue française.  Le comité tient d’ailleurs à remercier la direction des études pour l’achat des exemplaires des romans remis gracieusement aux participants à l’activité, de même qu’à la COOP pour avoir remis des certificats-cadeaux aux cinq concurrents et au public.  Merci à vous d’avoir été si généreux, votre contribution fut très appréciée.

On se donne donc rendez-vous pour la deuxième édition du Combat des livres, quelque part en avril prochain.  Cette fois, croiseront le fer un cadre (Éric Saint-Jean), une étudiante (Kamille Gagné), un membre du personnel  professionnel (Josiane Sauvé), un employé de soutien (Daniel Alarie) et une enseignante d’anglais (Elizabeth Schinkel). Les oeuvres qu’ils défendront vous seront présentées à la session d’hiver dans des billets similaires à ceux qui ont mis la table tout au long du mois de septembre à la première édition tenue la semaine dernière.