Lors de la Journée pédagogique du 18 janvier dernier, la communauté collégiale a été appelée à participer à divers ateliers pédagogiques.  L’un d’eux touchait plus particulièrement la lecture.  D’une durée de trois heures, l’atelier « Intervenir en lecture auprès des étudiants » était offert par Catherine Bélec et permettait de faire le point sur diverses questions en lien avec les activités relatives à la lecture dans nos cours.  L’atelier a permis de toucher à des questions comme « Quelles méthodes pédagogiques adopter pour améliorer la motivation et l’autonomie des étudiants face aux activités d’apprentissage par la lecture? » ou « Comment préparer nos étudiants, comment apprécier leurs compétences en lecture afin de mieux les soutenir dans leurs difficultés? »  L’atelier, qui réunissait une douzaine de participants de diverses disciplines ainsi que deux conseillères pédagogiques, a été l’occasion de partager une diversité de points de vue.

Inscrite au doctorat professionnel à l’Université de Sherbrooke, Catherine Bélec, est d’abord et avant tout professeure de français au Cégep Gérald‐Godin depuis plus de dix ans.  Actuellement, elle occupe le poste de conseillère pédagogique responsable de la littératie et chargée de projet au même collège.  Elle s’est fait remarquer ces dernières années par sa série d’articles sur le sujet de la lecture dans le Correspondance.  Ses textes peuvent servir de base pertinente à n’importe quel enseignant qui veut intervenir sur les pratiques liées à la lecture chez ses élèves.

L’atelier du 18 janvier a d’entrée de jeu amené les participants à se questionner sur leurs perceptions des interventions possibles en lecture, de même que sur comment on considère les difficultés de lecture de nos étudiants ainsi que sur les stratégies de lecture que ceux-ci arrivent à déployer.  Il est apparu clair que bon nombre de nos étudiants ont du mal à départager l’essentiel de l’anecdotique dans leurs lectures.  Il est possible que cette confusion soit causée par le fait que les stratégies de lecture ne sont pas vraiment enseignées au secondaire, sauf peut-être en français.  Si la marche est si haute entre le secondaire et le collégial, cela tient sans doute en partie au fait que les jeunes ont été quatre ou cinq ans sans avoir maîtrisé les stratégies de lecture.  Pourtant, ils n’ont jamais lu (ou écrit) autant qu’à notre époque, en raison notamment de leur présence très active, pour ne pas dire compulsive, sur les réseaux sociaux.  Sauf que cette participation, il va de soi, ne se fait pas la plupart du temps dans un contexte scolaire.

Lors des échanges entendus en atelier, on a identifié les principaux défis des professeurs liés à cette carence de leurs étudiants en matière de stratégies de lecture.  Difficultés à décoder correctement les questions, lire et lire bien, de manière plus formelle et concentrée, trouver le niveau adéquat dans le choix des textes à faire lire, comment orienter le regard sur le texte ou sur la tâche, tenir compte des connaissances antérieures fragmentaires ou très complexes des étudiants, composer avec leur vocabulaire jugé, dans bien des cas, limité : on le voit bien, les problèmes sont nombreux et désolants.

Si on s’entend pour dire qu’on lit beaucoup mieux quand on a un objectif très clair, il importe donc de mieux définir l’objectif du travail : cela amènera les étudiants à mieux orienter leur lecture, sachant ce qu’ils auront à faire avec elle.  Il est aussi notable que la meilleure façon de motiver les étudiants à lire est de les rendre actifs, de les faire parler du texte en leur donnant une tâche précise à partir du texte lu.  Cette responsabilisation donnera de la pertinence et de la valeur concrète à la tâche.

A aussi été mentionnée l’importance pour le professeur de donner des modèles, en procédant lui-même concrètement devant ses étudiants.  Par exemple, comment on annote soi-même un texte, en mettant l’accent sur ce que l’on considère important pendant la lecture.  Cela donne une idée claire de comment l’enseignant réfléchit.  Il est primordial d’y aller graduellement, en commençant par leur donner des stratégies de lecture simples, pour aller plus tard vers un niveau plus complexe, mais tout en les accompagnant au cours de la démarche.

Parmi les idées mises de l’avant pour soutenir les étudiants et leur donner des pistes à suivre pour développer des stratégies de lecture efficaces, on note celles-ci : souligner les éléments importants de la consigne ; cibler la question finale ; répartir les objectifs de lecture, les diviser en quelque sorte en sous-tâches ; passer par le biais de la créativité pour représenter des éléments significatifs de leur lecture ; rédiger des fiches, schématiser ; résumer, en soulignant l’importance fondamentale de départager les idées principales des secondaires ; annoter de manière structurée le texte paragraphe par paragraphe ; procéder à un surlignage restreint (quelques mots à peine), limiter ce que l’on surligne, tout n’étant pas d’égale importance ; les faire composer eux-mêmes des questions de tests de lecture ; rédiger un communiqué de presse sur le roman étudié.

En somme, Catherine Bélec a animé le 18 janvier dernier un atelier pédagogique qui a permis de faire le point sur des principaux défis des enseignants en matière d’intervention sur la lecture.  Et surtout, l’atelier a donné l’occasion aux participants d’échanger des idées et stratégies pouvant déboucher sur des pratiques utiles et efficaces qui sauront, on le souhaite du moins, profiter aux étudiants.

Catherine Bélec