Pour conclure en force cette année du cinquantième anniversaire du Collège Lionel-Groulx, le comité de Valorisation de la langue française est en train d’organiser pour la communauté collégiale une activité qui saura intéresser de nombreux lecteurs, si on se fie au succès de la première édition tenue le 4 octobre dernier.  Tout au long du printemps, nous vous présentons les oeuvres au coeur de cette activité qui se déroulera devant public le 25 avril prochain, au local D-415, dès midi.

Le Combat des livres, c’est :
  • Cinq romans québécois parus depuis les années 2000.
  • Cinq participants de toutes les provenances du collège Lionel-Groulx.
  • Chacun est convaincu que le roman qu’il défend mérite de remporter cette édition du Combat des livres.
  • Un seul aura finalement raison. Lequel? Qui saura être le plus convaincant?
  • Un passionnant jeu d’alliances, de rivalités et de stratégies.
  • Quel roman triomphera au terme de ces débats enlevants?
Nous poursuivons cette semaine notre présentation des cinq oeuvres en lice avec le roman de Dimitri Nasrallah, Niko, publié aux Éditions La Peuplade en 2016.

Enseignante au département d’anglais, Elizabeth Schinkel a fait le choix délibéré de sélectionner un auteur montréalais anglophone. Niko, roman de l’auteur d’origine libanaise Dimitri Nasrallah, traite avant toute chose de l’impact des injustices et des atrocités de la guerre ; Elizabeth Schinkel espère que le contact avec un livre aussi dur aura pour conséquence d’ouvrir les yeux des lecteurs d’ici, eux qui n’ont pour la plupart jamais connu la guerre, sur une réalité qui était encore hier celle de nombreux immigrants ayant choisi le Canada comme terre d’accueil.  Sur un plan plus personnel, la professeure d’anglais confie que ses propres parents ont eu à traverser les affres de la Seconde Guerre mondiale dont ils ressentent encore les séquelles plus d’un demi-siècle plus tard.  Lire Niko permet au lecteur du XXIe siècle d’apprécier les contrecoups de la guerre que continuent de subir bon nombre d’entre nous et aide à faire prendre conscience qu’il n’existe tout simplement pas de guerre juste (« there is no such thing as a just war », pour la citer dans ses propres termes) ; trop d’innocents en font toujours les frais.  Pour ces raisons, Niko est à notre époque un roman d’une pertinence inestimable, conclut-elle.

Niko

Niko Karam, six ans, n’a jamais vécu en dehors de la guerre civile. Il quitte rarement son petit balcon d’où il voit le monde extérieur dégringoler. Mais après un attentat meurtrier à la voiture piégée, Niko est projeté dans un avenir réellement incertain. Son père et lui abandonnent Beyrouth et partent à la recherche d’un nouveau chez-soi. Ce sera le début d’une longue odyssée qui les conduira, chacun de leur côté, sur les mers ou dans les airs, vers d’autres sociétés.

Niko grandira chez une tante et un oncle à Montréal, remuant inlassablement les mêmes questions : Où est son père ? Est-il vivant ? L’importance de la lignée et des origines, formulée avec une empathie palpable, constitue l’unité fondamentale de ce roman, car c’est tout ce qui reste quand l’histoire perd la trace des êtres aimés.

Source : Éditions La Peuplade

«On a besoin de la littérature pour se rappeler. Mais c’est bon, déjà, de pouvoir avoir cette discussion. En Europe, on cherche comment fermer les frontières aux migrants, alors qu’au Canada, on cherche comment les accueillir. Ma famille a été chanceuse de se retrouver ici. Nous avons passé sept ans en Grèce, et jamais la porte n’a été ouverte. Il n’y avait pas d’avenir là, il fallait juste rester dans le moment présent. Alors que maintenant, mon présent et mon avenir sont ici. Le résultat de mon avenir, il est ici.»

Dimitri Nasrallah

Niko : un puissant récit sur l’exil et la reconstruction.

« Ce travail de trouver une maison, ça prend environ 10 ans », dit Dimitri Nasrallah en souriant. C’est ce long chemin qu’il raconte avec empathie et sensibilité dans ce roman bouleversant, qui suit quatre points de vue : ceux de Niko, « qui ne veut rien oublier car c’est ça son identité », de son oncle Samy, qui construit sa vie de manière stratégique, de sa tante Yvonne, nostalgique du passé mais intéressée par la modernité de sa nouvelle vie, et du père de Niko, Antoine, figure tragique qui perd tout, même la mémoire.

Dimitri Nasrallah en entrevue à La Presse

Elizabeth Schinkel, enseignante au Collège Lionel-Groulx (département d’anglais) Crédit photo : archives personnelles