Pour conclure en force cette année du cinquantième anniversaire du Collège Lionel-Groulx, le comité de Valorisation de la langue française est en train d’organiser pour la communauté collégiale une activité qui saura intéresser de nombreux lecteurs, si on se fie au succès de la première édition du Combat des livres, tenue en octobre dernier.

Le Combat des livres, c’est :

  • Cinq romans québécois parus depuis les années 2000.
  • Cinq participants de toutes les provenances du collège Lionel-Groulx.
  • Chacun est convaincu que le roman qu’il défend mérite de remporter cette édition du Combat des livres.
  • Un seul aura finalement raison. Lequel? Qui saura être le plus convaincant?
  • Un passionnant jeu d’alliances, de rivalités et de stratégies.
  • Quel roman triomphera au terme de ces débats enlevants?

Tout au long du printemps, nous vous avons fait connaître les oeuvres au coeur de cette activité qui se déroulera devant public ce mercredi 25 avril, au local D-415, dès midi.  Après La Femme qui fuitVox PopuliNiko et Du coeur à l’établi, nous achevons cette semaine notre présentation des cinq oeuvres en lice avec le roman d’Yann Martel, Histoire de Pi, publié aux Éditions XYZ en 2003.

« Life of Pi pourrait renouveler votre foi dans l’habileté des romanciers à insuffler, dans le scénario le plus extravagant, une vie plausible. »

The New York Times Review of Books

Yann Martel, auteur du roman Histoire de Pi

S’il avait continué de vivre dans le jardin botanique de Pondichéry, en Inde, où son père s’occupait du zoo, Pi Patel aurait eu une vie plutôt heureuse, mais ses parents ont un jour décidé de quitter le pays pour venir s’installer à Toronto, emportant avec eux quelques animaux. Leur bateau fait naufrage, et Pi se voit obligé de vivre, pendant 227 jours, dans la promiscuité d’un énorme tigre du Bengale. Survivra-t-il à cette aventure?

Au cours de sa longue dérive, on apprend qu’il n’y a pas de démarcation nette entre nature et culture, qu’on peut «dialoguer» avec les animaux et que le salut passe par l’ingéniosité et le courage, tout autant que par la religion ; Pi tire en effet sa sagesse et son savoir des religions musulmane, chrétienne et hindoue.

Source : XYZ Éditeur

« Le premier émerveillement est le plus profond ; l’émerveillement qui suit s’inscrit dans l’impression créée par le premier. »

Histoire de Pi, Yann Martel

le Québécois Yann Martel

Directeur adjoint à la direction des études, Éric Saint-Jean a toujours frayé avec le monde de la culture.  Issu du milieu du théâtre, il a entre autres enseigné le jeu dramatique au Cégep de Saint-Jérôme, tout en trouvant le temps de signer quelques mises en scène (on se souviendra de la production de grande qualité Le Dernier Jour d’un condamné, présentée en avril 2014 à la salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier).  Pour le Combat des livres, il a opté pour un gros canon de la littérature d’ici ; en fait la sélection d’Éric Saint-Jean peut être considérée comme le livre ayant vendu le plus d’exemplaires de notre histoire littéraire.  Il faut dire que le roman Histoire de Pi a bénéficié des retombées immenses du Man Booker Prize qu’il s’est mérité (l’équivalent du Goncourt chez les anglo-saxons).  Éric Saint-Jean dit avec le sourire qu’on est tous aux prises avec un Richard Parker en nous (le fameux tigre du roman).  Plus sérieux, il croit que le texte d’Yann Martel est sûrement l’un des plus beaux récits sur la foi qu’il ait lus.  Sans doute ce côté spirituel a-t-il orienté sa décision de sélectioner ce roman, dans la mesure où il est d’avis qu’il s’écrit à notre époque bien peu de ce genre de fictions.  La première lecture d’Histoire de Pi, il y a quelques années, lui avait alors fait penser à un autre grand roman allégorique qui avait marqué son parcours de jeune cégépien, Le Vieil homme et la mer.  Comme le roman d’Ernest Hemingway, le récit d’Yann Martel l’habite toujours, après toutes ces années.

Éric Saint-Jean
Crédit photo : Mark Quevillon