Une trentaine de personnes ont accepté l’invitation de venir assister le 25 avril dernier à la deuxième édition du Combat des livres.  Pour cette nouvelle version de l’activité, on a eu l’idée de réunir cinq participants issus des divers milieux ou instances de notre collège.  Les sourires étaient nombreux au moment d’amorcer le « Combat » et l’ambiance est demeurée tout à fait agréable tout au long des 90 minutes qu’a duré l’activité.

Librement inspirée du modèle de l’émission que l’on a pu entendre depuis quelques années à la radio de Radio-Canada, la version collégiale du Combat des livres mettait aux prises Daniel Alarie (qui représentait les employés de soutien du collège avec le court roman Vox Populi de Patrick Nicol, publié aux Éditions du Quartanier), Kamille Gagné, étudiante au double Dec Littérature et Musique (elle s’était donné pour sa part le mandat de faire triompher La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette, roman paru chez Le Marchand de feuilles), Éric Saint-Jean, adjoint à la direction des études (défenseur du roman Histoire de Pi écrit par Yann Martel, paru aux Éditions XYZ), Josiane Sauvé, membre du personnel professionnel (qui nous a fait découvrir Du coeur à l’établi de Michel-Olivier Gasse, qu’ont fait paraître les Éditions Tête Première) et Elizabeth Schinkel, professeure d’anglais (elle mettait en valeur le roman Niko de Dimitri Nasrallah, publié à La Peuplade). Les candidats avaient à composer avec la même contrainte que les participants de l’automne dernier : il devait s’agir dans tous les cas d’une sélection québécoise parue depuis l’an 2000.

Malgré la nervosité palpable de certains concurrents, tous nous sont apparus en verve, en grande forme et bien préparés.  Chacun a pris le temps de lire d’abord un bref extrait de son roman avant d’exposer dans un premier tour de table les motifs principaux pour lesquels ils considéraient que leur sélection avait d’excellentes chances de remporter la palme.  Par la suite, ils ont été invités à se prononcer sur une oeuvre qui les avait impressionnés particulièrement (autre que la leur, bien entendu), ce qui a permis de confirmer la qualité des textes en compétition : cette étape a été perçue comme une coulée de miel glissant dans les oreilles de ceux dont les livres ont été louangés.

Le débat s’est véritablement emballé quand l’animateur a demandé aux concurrents de s’attaquer à une oeuvre qui avait semblé aux yeux de chacun un peu plus faible pour diverses raisons.  Les échanges ont alors donné lieu à des désaccords d’appréciation entre Daniel Alarie et Éric Saint-Jean, notamment, ou entre Daniel Alarie et Kamille Gagné.  Chacun s’est défendu bec et ongles contre les attaques soutenues des adversaires.  La première ronde s’est conclue avec un premier vote éliminatoire.  Malgré ses beaux efforts pour faire valoir la richesse toute simple du texte de Patrick Nicol, Daniel Alarie a vu le roman Vox Populi, qu’il défendait, être évincé.  Philosophe, il s’est plu dans son nouveau rôle d’électron libre pouvant vanter ou désapprouver librement les livres survivants.  Le nouvel « orphelin » allait avoir l’occasion de se rallier au texte défendu par Josiane Sauvé pour le reste de l’activité.

Les concurrents ont poursuivi les débats en exposant le personnage qui leur est apparu le mieux construit, le plus mémorable? Au terme d’un échange captivant faisant la part belle à Suzanne Meloche (La Femme qui fuit) ou à Paré (Du coeur à l’établi), les participants ont exclu à la majorité le roman écrit par Dimitri Nasrallah, Niko.

Après s’être prononcés sur les forces scénaristiques ou stylistiques des romans encore en lice, on est en venus à sortir de la compétition le roman d’Yann Martel. Histoire de Pi, malgré une défense coriace et dynamique de la part d’Éric Saint-Jean, ne se classerait donc pas pour la finale…

Allaient donc s’affronter dans un duel en grande finale La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette (Kamille Gagné) et Du coeur à l’établi de Michel-Olivier Gasse (Josiane Sauvé).  Les deux adversaires disposaient alors de soixante secondes bien chronométrées pour faire valoir une dernière fois aux trois « orphelins » et au public présent à l’événement les qualités de leur sélection ou encore les carences du livre qui lui était opposé.  C’est par une marque de trois voix contre deux que le roman défendu par Josiane Sauvé a triomphé, faisant du coup du roman de Michel-Olivier Gasse le deuxième lauréat du Combat des livres, version collège Lionel-Groulx, succédant à Michael Delisle, qui l’avait emporté l’automne dernier avec son roman Dée.

Du coeur à l’établi

Cette activité a été organisée dans le cadre du projet de la Valorisation de la langue française.  Le comité organisateur tient d’ailleurs à remercier la direction des études pour l’achat des exemplaires des romans remis gracieusement aux participants à l’activité, de même qu’à la COOP pour avoir remis des certificats-cadeaux aux cinq concurrents et au public. Nous soulignons aussi l’apport des éditions Druide pour le matériel qu’elles nous ont permis de remettre sous forme de tirage au public présent. Merci à vous d’avoir été si généreux, votre contribution fut très appréciée.

Nous encourageons nos lecteurs à suivre sur les ondes de la radio de Radio-Canada la prochaine édition du Combat des livres, animée par Marie-Louise Arsenault (cette édition est renommée cette année le Combat national des livres). Cliquez sur l’hyperlien pour obtenir tous les détails de l’activité, qui aura lieu dans quelques jours, du 7 au 11 mai 2018.

La gagante du Combat des livres, Josiane Sauvé
Crédit photo : Martine Landry