Par Pascal Gemme, enseignant de français responsable de la valorisation de la langue au Collège Lionel-Groulx

À l’occasion de la Francofête qui se tiendra du 18 au 22 mars au Collège Lionel-Groulx, le comité de Valorisation de la langue française vous présente une fois encore sa version du Combat des livres, formule popularisée il y a quelques années par Marie-France Bazzo. À Lionel-Groulx, c’est Simon Roy qui mènera une fois encore cette activité de main de maître le mercredi 20 mars dès midi au Kafé étudiant.

Le Combat des livres, c’est :

  • Cinq romans québécois parus depuis les années 2000.
  • Cinq participants de toutes les sphères du collège Lionel-Groulx.
  • Chacun est convaincu que le roman qu’il défend mérite de remporter cette édition du Combat des livres.
  • Un seul aura finalement raison. Lequel? Qui saura être le plus convaincant?
  • Un passionnant jeu d’alliances, de rivalités et de stratégies.
  • Quel roman triomphera au terme de ces débats enlevants?

Au cours des prochaines semaines qui nous séparent de la date fatidique du 20 mars, nous vous présenterons tour à tour chacune des œuvres qui seront débattues. Nous amorçons cette présentation des cinq œuvres en lice avec le roman de Jonathan Pedneault, paru chez XYZ éditeur en 2017.

Jonathan Pedneault

« L’action se transporte sur plusieurs continents, là où ça chauffe. Les descriptions du travail journalistique représentent les plus belles qualités de ce bon premier roman. »

Mario Cloutier – La Presse

Toi aussi mon fils, Jonathan Pedneault

« 21 avril 2041. 23 h 23. Dans un bistro de Menton, une table basse. Un épais nuage de fumée. Un journal à moitié ouvert. Une pinte de bière. Deux vieillards qui me regardent, sans dire un mot. Des quadragénaires trop maquillées qui me toisent en se chuchotant à l’oreille.

Des larmes coulent sur mes joues.

Frank, le gérant, s’approche.

— Rentre donc chez toi, Matisse.

Ils me connaissent tous. Je suis le fils qui s’est perdu. Le père qui n’a jamais été. L’époux qui a abandonné. Le Matisse qui a choisi de tout peindre en noir et blanc.

Un cri. Le mien.

— Allez tous vous faire foutre!

Il était écrit que je finirais comme mon père. Au diable les bons sentiments…

Tu verras bien un jour qu’il n’est pas nécessaire de vivre dans un village pour se sentir en prison. Mais sache qu’il n’y a rien de pire que de se sentir en prison dans un village. La boulangère du coin, Mme Gaston, me châtie des yeux tous les matins en me donnant mes croissants. «C’est qu’ils étaient si beaux ensemble», racontent les dizaines de promeneurs du voisinage et des environs qui s’arrêtent devant la maison depuis une semaine. Ils épient l’ancien nid d’amour: «Tu savais, toi, que c’est la pauvre mère qui a dessiné la baraque?»

Oui, c’est bien elle. Elle qui a dessiné le lieu de la tragédie. Elle qui a mis en forme les contours de notre déchéance. «Ils disent que ce sont les absences de son époux qui l’ont tuée, la pauvre mère. Et elle n’avait pas même quarante ans…» »

Extrait du roman Toi aussi mon fils de Jonathan Pedneault, publié chez XYZ Éditeur

 

Robin Dick, archives personnelles

Né en Alberta et scolarisé dans les trois provinces des prairies, Robin Dick se considère encore comme « un p’tit gars de l’ouest », même s’il habite le Québec depuis 1981 et Montréal depuis 2002. Étudiant curieux, toujours en quête de la connaissance, il a poursuivi de longues études dans des domaines fort variés. Passionné de lecture, il lit couramment en anglais, français et italien. Malheureusement, malgré un mineur en études allemandes, il a dû renoncer à lire Goethe dans sa langue originale, faute de pratique.

Parmi les auteurs anglophones, Robin Dick affectionne tout particulièrement Alice Munro, Jonathan Franzen et Ian MacEwan. Il éprouve aussi énormément de plaisir à lire la série napolitaine d’Elena Ferrante, qu’il lit autant dans la langue originale qu’en traduction anglaise. En ce qui a trait à la littérature francophone, Robin se présente comme un amateur inconditionnel de Marcel Pagnol auquel il a consacré de nombreuses heures dans les années quatre-vingts.

Cependant, il reconnaît, avec un peu de gêne, peu connaître la littérature québécoise récente. Selon ses propres dires, « [h]eureusement, ou peut-être malheureusement, l’ère Google nous permet de tricher. Il s’agit de taper « meilleur roman québécois depuis 2000 » pour obtenir une belle sélection ». C’est ainsi qu’intrigué par le thème de la filiation et fasciné par le milieu du journalisme, Robin a choisi de défendre Toi aussi mon fils de Jonathan Pedneault.